MONT LOZÈRE
Une grande feuille de papier pliée en quatre, posée sur une table de bois sombre, éclairée par une seule lampe.

Note d’intention

Une légende, un registre,
et lequel des deux fait preuve

Cette série est née d’un désaccord entre une grande feuille pliée et une pile d’actes notariés. La feuille racontait une belle histoire. Les actes en racontaient une autre. Nous avons choisi les actes, et découvert que la vraie histoire valait mieux que la légende.

D’où ça vient

Albert Jean Richard a commandé son arbre généalogique à l’abbé Jean Roux, mort en 1993. L’abbé avait travaillé dans les archives des notaires et lu le compoix de 1640, le registre où chaque communauté portait les biens de ses habitants pour l’impôt. Sa planche fait commencer la famille en 1520, par un écuyer, un baron, un seigneur.

Gros plan sur la marge nue d’une grande feuille : du papier vide et une pliure.
Avant 1705, la marge est vide. Aucun acte ne remplit ce blanc.

Aucune archive ne reprend cette ascendance. Le plus ancien acte réellement conservé est un contrat de mariage du 19 mai 1705, signé au mas des Esfruitz. Avant lui, rien. La planche de l’abbé s’écarte des actes en sept endroits.

C’est le conflit fondateur de la série, et il n’est pas résolu au détriment de l’abbé. Une famille qui se raconte autrement que ses papiers dit quelque chose d’elle-même. La série montre les deux, et dit lequel fait preuve.

Le travail d’Alexis Richard

Rien de cette série n’existerait sans le dépouillement mené par Alexis Richard, cousin de Guillaume. Ce n’est pas une collecte de souvenirs : c’est un travail d’archives, acte par acte, avec ses cotes et ses impasses assumées.

  • 371 personnes identifiées
  • 192 actes dépouillés
  • 72 photographies
  • 9 documents
  • 49 lieux géolocalisés
  • 14 fonds d’archives
Vue en plongée sur un registre ouvert dont les pages tournent.
Cent quatre-vingt-douze actes, dépouillés un par un.

Des naissances datées de 1520 à 1953, et 13 récits qui relient les actes entre eux. C’est ce corpus, et lui seul, qui autorise la règle de la série : chaque phrase porte sa source. Quand une information manque, le film le dit au lieu de combler.

Où ça se passe

On croit que cette histoire tient dans une vallée. Elle commence là, puis elle part.

Ombrage du relief autour du mont Lozère : vallées encaissées et crêtes de schiste.
Les 49 lieux relevés dans les archives, du mont Lozère à Constantine. Quinze tiennent dans trente kilomètres de vallées ; les autres disent tout le reste de l’histoire, la Gironde, la Somme, l’Algérie. Ombrage calculé d’après les données d’altitude publiques, sans fond de carte.

Ce que la famille a apporté

L’histoire du mas des Urfruits nous vient d’un document de famille écrit à trois mains. L’abbé Roux y a mis sa lecture des notaires et du compoix. Albert Jean Richard y a ajouté celle de deux parchemins conservés dans la maison. Sylvie Brunet, née Richard, y a écrit la note sur Berthe Pantel.

La cour d’un mas en fin d’après-midi : une femme étend du linge.
Les femmes de la maison, que les actes laissaient dans l’ombre.

Cette note n’est pas un détail. Elle nomme les femmes de la maison que les actes laissaient dans l’ombre : Berthe, sa sœur Judith, sa sœur Léonie Victoire. Les registres ont ensuite corrigé une date et ajouté un enfant que les notes ignoraient. Mais sans cette note, personne n’aurait su où chercher.

Sylvie a aussi transmis un souvenir : Georges Bordage, sur l’autre lignée, aurait eu une entreprise de transport maritime. Les actes disent autre chose : forgeron, puis mécanicien. On aurait pu classer le souvenir comme une erreur. Les archives ont fini par donner une forge pour navires.

La mémoire familiale ne prouve rien, et elle se trompe souvent sur les mots. Mais elle sait où creuser. C’est la méthode de cette série : la famille indique, les archives tranchent.

Deux lignées, et le jour où elles se croisent

Un chemin de terre qui se divise en deux sur un versant sec.
Deux lignées, deux chemins. Ils se rejoignent vers 1960.

La série suit deux familles, et ne les confond jamais. Les Richard des Cévennes (Vialas, Les Urfruits, Le Crépon) portent presque toute la série. Les Gérard et Bordage de Gironde (Lormont, Floirac, Bordeaux) sont la lignée de la grand-mère de Guillaume, née Gérard.

Elles ne se rencontrent qu’aux alentours de 1960, quand Albert Jean Richard épouse Gisèle Gérard. C’est le sujet de l’épisode sept.

Comment c’est fabriqué

Gros plan sur le visage d’une jeune mère dans une église sombre, éclairée par en dessous.
Ce visage est inventé. Il n’existe aucun portrait d’elle.

Le film est dessiné, à la ligne claire et à la gouache. Ce choix n’est pas décoratif : aucun portrait des personnes citées n’existe avant les premières photographies. Les visages sont donc des reconstitutions, et le film le dit. Aucun acte, aucun registre, aucune planche réelle n’est montré comme preuve à l’écran ; les arbres généalogiques sont redessinés.

La voix est une voix de synthèse, et les images sont générées. Ce qui ne l’est pas, ce sont les faits : dates, lieux, professions, filiations. Les repères historiques généraux, ceux qui disent « c’est l’époque de… », sont vérifiés séparément des faits de famille, pour qu’on ne puisse jamais faire passer l’un pour l’autre.

Les fonds consultés

  • Le registre du Désert AD 48, EDT 116 GG
  • Le registre protestant de Vialas AD 48, EDT 194 GG
  • L’état civil de Vialas AD 48, 4 E 194
  • L’état civil de Saint-Maurice-de-Ventalon AD 48, EDT 172 E et 4 E 172
  • Les autres communes de Lozère AD 48, 4 E 066 · 4 E 116
  • Les minutes des notaires du Pont-de-Montvert AD 48, 3 E
  • Les registres matricules AD 48, R 81xx · AD 30, 1 R · AD 33, 1 R
  • Les recensements AD 48, EDT 194 F · AD 33, 6 M
  • Les registres du Gard AD 30, 5 E
  • Les registres de la Gironde AD 33, 4 E
  • L’état civil d’Algérie ANOM
  • Mémoire des hommes Ministère des Armées
  • Les documents de famille Chez la famille

Le détail de chaque personne, de chaque acte et de chaque photographie est consultable sur le site d’Alexis Richard. vialas.life/richard L’accès est protégé par un mot de passe : demande-le à Guillaume ou à Alexis.